La place de la Cathédrale et ses environs




SÉRIE 1 : la place de la Cathédrale.

Sur la gravure ci-contre, datant de 1649, on reconnaît le pont d'Avroy (1), le pont d'Île (2), la collégiale Saint-Paul (3) et la cathédrale Saint-Lambert (4).


La cathédrale Saint-Lambert ayant été détruite dès 1794 à la suite de la Révolution liégeoise et de l'occupation française, c'est la collégiale Saint-Paul qui prend le rang de cathédrale dès le début du XIXe siècle (de 1801 à 1803 selon les sources).

 

Au départ , l'église Saint-Paul est une des sept collégiales fondées au cours des Xe et XIe siècles, au début de la principauté de Liège (les six autres étant Saint-Pierre, Sainte-Croix, Saint-Jean, Saint-Denis, Saint-Martin, Saint-Barthélemy).

L'édifice roman d'origine, bâti au XIe siècle sous l'épiscopat d'Éracle, est saccagé en 1212 par les armées branbançonnes. Sa lente reconstruction dans le style gothique durera jusqu'au XVIe siècle.

 

À la suite de la promotion de l'église, la place Devant-Saint-Paul prend logiquement le nom de place de la Cathédrale.

 La place de la Cathédrale au milieu du XIXe siècle (aquarelle du peintre anglais Joseph Fussell, collections artistiques ULg).

C'est en 1811-12 qu'on élève la tour d'un étage à fenêtres ogivales, le tout surmonté d'un clocher dont la flèche atteint nonante mètres. Quatre clochetons sont ajoutés pour rappeler l'ancienne cathédrale Saint-Lambert.


1905    

2004  

 

 1850. Les tilleuls plantés là au XVIIIe siècle vont être bientôt sacrifiés parce qu'ils empêchent de bien voir l'édifice religieux et polluent l'eau de la fontaine !



Ne manquez pas de visiter le site consacré au trésor de la cathédrale.

 

En 1890.
 
Au tout début du XXe siècle.
 
Dans les années 1950.
Au début des années 1970.
Dans les années 1980.
 
 Marché de Noël et patinoire en décembre 2003.



SÉRIE 2 : la place de la Cathédrale et le Vinâve d'Île.

 
Cette carte postale postée en 1920 est intitulée «  Place du Roi Albert ». La place de la Cathédrale, en effet, s'est appelée ainsi après la Première Guerre mondiale, en hommage au roi chevalier, mais l'appellation première a rapidement repris ses droits dans le langage courant puis officiellement en 1977.

Dans le cercle rouge, on aperçoit la rue Vinâve d'Île ; prolongée par la rue des Dominicains, elle mène au quartier Opéra.

L'ancien mot wallon « vinâve » peut être traduit par « quartier » ou « rue principale ». Cette artère, citée dès le XIIIe siècle, est le cœur de l' « Isle », cette île que déterminait jadis le bras de la Meuse devenu aujourd'hui la rue de l'Université, le boulevard de la Sauvenière et le boulevard d'Avroy (cf. la page relative aux grands boulevards).

La fontaine de la Vierge en 1971 

A l'entrée du Vinâve d'Île, se dresse, depuis 1696, cette superbe fontaine, que surmonte la Vierge à l'Enfant du statuaire liégeois Jean DEL COUR (XVIIe siècle).

La Vierge a le regard tourné vers la cathédrale Saint-Paul (collégiale à l'époque). Le socle de la statue présente une porte de bronze symbolisant la Religion couronnée par un ange et embrassant le perron.

En 1794, au début de la période française, la statue échappe à la fonderie de canons grâce aux protestations des Liégeois.

 


 
En 1900.
 
En juillet 2004 (Tour de France).
 
 
En 1900-1910.
 
En mai 2006.
 
 
En 1905.
 
En juillet 2006.
 
 
En 1909.
 
En août 2003.
 
 
En 1934.
 
Fin mai 2006.
.
 
 
La Libération en septembre 1944.
 
Au même endroit 40 ans plus tard.

Le Vinâve d'Île au début des années 1970, toujours ouvert à la circulation automobile.

Le lieu transformé en piétonnier dès 1976

 



SÉRIE 3 : la place Saint-Paul.

En 1911.

 

 

En 1957



Depuis 1911, il existe, place Saint-Paul, un monument dédié à Jean Del Cour.

 

Jean Del Cour (1627-1707) est né à Hamoir, mais c'est à Liège qu'il a principalement exercé son immense talent de sculpteur. Ce maître de l'art baroque a créé de nombreux chefs-d'œuvre, parmi lesquels, encore visibles dans notre cité, la Vierge du Vinâve-d'Île, la statue de saint Jacques dans l'église Saint-Jacques, le saint Jean-Baptiste de la rue Hors-Château, le Christ au tombeau de la cathédrale Saint-Paul, les Trois Grâces du perron de la place du Marché...

 
La première quinzaine de juillet, la place Saint-Paul accueille le village gaulois et ses chalets gastronomiques.





SÉRIE 4 : la rue de la Cathédrale.

La rue de la Cathédrale mène le promeneur de la place de la Cathédrale (Saint-Paul) au pont des Arches et au quai de la Batte :

 
En 1905.
 
Un siècle plus tard.
     
 
Pendant les inondations de l'hiver
1925-26.
 
Une journée pluvieuse
en mai 2006.

Et dans l'autre sens, en direction de la place de la Cathédrale :
 
Vue (et vie) nocturne en 1975.
 
De jour en juillet 2006.



 
SÉRIE 5 : la rue Saint-Paul.

A gauche de la cathédrale, commence la rue Saint-Paul, petite rue piétionne très animée qui conduit place des Carmes, dans le quartier Chiroux-Croisiers-Kennedy.

Dans le fond au centre, on aperçoit le sommet de la tour Kennedy.


 

  Dans l'autre sens, de la place des Carmes vers la rue Saint-Paul :
 
En 1970.
 
En 2009.



SÉRIE 6 : le quartier Chiroux-Croisiers-Kennedy.

 

Au bout de la rue Saint-Paul, le promeneur arrive place des Carmes, puis découvre la rotonde du complexe culturel des Chiroux.

L'appellation « Carmes » rappelle l'existence, autrefois, d'un couvent de cet ordre religieux ; quant à « Chiroux », il s'agit d'un vocable désignant, au XVIIe siècle, les aristocrates favorables à l'autorité du prince-évêque, en opposition aux Grignoux, petits bourgeois et gens du peuple, qui exigeaient davantage de libertés communales.


 
Les Chiroux en 1970.
 
En 2006.

Dès le début des années 60, l’entreprise de construction Solico-Demarche désire réaménager le quartier avec une tour d'habitation gigantesque, comme c'est la mode à l'époque. Or il existe là une bibliothèque communale appelée les Chiroux. La ville de Liège finit par accepter le projet du promoteur à condition que l'ensemble immobilier comprenne une nouvelle bibliothèque et un centre culturel avec salles de spectacles et d'expositions.

Parmi les vues qui suivent, celles marquées CRMSF proviennent des collections
du Centre de Documentation de la Commission Royale des Monuments Sites et Fouilles (Vertbois, Liège).

 
La bibliothèque des Chiroux au milieu
des années 1960. À l'emplacement du parking, s'élève aujourd'hui le haut building nommé la tour Kennedy.
 
La bibliothèque des Chiroux (vue de la rue des Croisiers en 2006), la plus importante de la Communauté française. Cliquez ICI pour accéder au site Internet de cette institution.
     
      
J'avais vingt ans en cette fin des années 1960. Dans les ruines du quartier des Chiroux en pleine mutation, je me souviens de terrains vagues transformés en zones de parking, où nous garions vos voitures, le samedi soir, avant de sortir dans le Carré
   
 
En 1970.
 
En 2006.

La reconstruction du quartier des Chiroux à la fin des années 1960.

 
La tour Kennedy en cours de
construction.
 
En 2008.

   
 
Le nouveau quartier Kennedy au début des années 1970. Il a été baptisée ainsi à la mémoire du président américain assassiné à Dallas en 1963.
 
La tour Kennedy en 2006, vue depuis l'autre côté de la Meuse.



 
Au début des années 1960, avec l'ancienne bibliothèque des Chiroux.
 
La même vue après 1970.


Longeant les Chiroux, la rue des Croisiers tient son nom d'un couvent qui s'est trouvé là de 1272 à 1847, abritant des chanoines réguliers de l’Ordre de la Sainte Croix.

Le couvent des Coisiers au XVIIIe siècle (gravure de Remacle Le Loup)

 

D'ailleurs, d'autres lieux, dans le quartier, rappellent des origines monastiques, comme la rue et la place des Carmes, la rue des Clarisses ou encore l'église Saint-Jacques, ancienne abbatiale.


SÉRIE 7 : le pont de la Boverie, devenu pont Neuf puis pont Kennedy.

 
Cette gravure de 1649 permet de situer la collégiale Saint-Paul (1), la rue Saint-Paul (2), le couvent des Croisiers (3), l'emplacement de l'actuel pont Kennedy (4) et l'abbaye de Saint-Jacques (5).

 
Trois des cinq localisations ci-contre sont reportées sur cette photo de la fin des années 1970 (André DRÈZE, « 100 vues aériennes d'une ville millénaire »).

 

 La tour des Croisiers en 1735. En temps de guerre, une chaîne était tendue entre elle et la tour en Bèche située de l'autre côté du fleuve.

 

Un premier pont est érigé là en janvier 1837. On l'appelle le pont de la Boverie, mot qui suggère la présence de bœufs. L'autre rive de la Meuse présente en effet un aspect fort champêtre.

Ce premier pont s'écroule au bout de quelques mois ! Un deuxième est reconstruit de 1841 à 1843. Il conserve officiellement le nom de « pont de la Boverie », mais les Liégeois préfèrent l'appeler le
« pont Neuf ».

      
Le 2ème pont de la Boverie ( pont Neuf ) vers 1902-1903.

 
Le pont Neuf avant sa destruction
en 1940.

 
Le 3ème pont de la Boverie, reconstruit dès 1958 et rebaptisé « pont Kennedy »
en 1963.

Les deux vues ci-dessus montrent à l'arrière-plan le magnifique bâtiment de l'institut de zoologie, inauguré en 1888 sur le quai des Pêcheurs ( devenu en 1920 le quai Édouard van Beneden en hommage au fondateur du dit institut ).

 
Le pont Neuf vers 1905, avec un escalier menant aux « Bains de la Meuse ».
 
Un siècle plus tard.


Au début du XXe siècle, il existait sur la Meuse, à la hauteur de l'institut de zoologie, une structure flottante divisée en deux piscines, l'une pour les messieurs, l'autre pour les dames :

     
Au début du XXe siècle (avant 1922).
 
En 2004.
   
Au début du XXe siècle, depuis le
quai des Pêcheurs.
 
En 2007, depuis le quai van Beneden.

Épargné en 1914-18, le pont Neuf est dynamité en 1940. Son remplaçant, la guerre terminée, est un ouvrage provisoire constitués d'éléments métalliques pour le moins inesthétiques.

Le pont Neuf saboté en 1940.
 
Le pont provisoire après 1946.

En 1958, commencent d'importants travaux qui aboutissent, en 1960, à l'inauguration d'un tout nouveau pont, avec un réaménagement routier des quais. Fin 1963, le pont prend le nom du président américain John Fitzgerald Kennedy, assassiné à Dallas le 22 novembre de cette année-là.

 
La construction du pont Neuf de
1958 à 1960.
 
Le pont Kennedy au milieu
des années 1970.


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